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Analyse des faits concernant les armes
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2. Les
armes représentent-elles intrinsèquement un problème de santé publique ?
Pour autant il n'est pas inutile de réfléchir aux
conséquences des actions perpétrées avec les armes à feu. La question essentielle,
posée par les adversaires des armes, est de savoir si elles constituent un problème de
santé publique. A ce titre il est nécessaire d'établir un certain nombre de
disctinctions.
- Les distinctions nécessaires
En effet les armes à feu sont en France chaque année à
l'origine d'un certain nombre de décès qui peuvent être classés en trois grandes
catégories, chacune d'entre-elles relevant incontestablement d'un champ d'analyse
différent. Il faut donc différencier :
- les accidents
- les homicides
- les suicides
Parallèlement, on ne peut analyser correctement ces trois
catégories sans établir une nouvelle distinction entre les armes à feu détenues
légalement et celles qui ne le sont pas.
- L'analyse des statistiques
- Les accidents
La
France compte chaque année environ 540 000 décès dont près de 50 000 par accident
(8,2%). Or le nombre de décès par accident provoqué par une arme à feu est
régulièrement de l'ordre d'une cinquantaine. Autrement dit, à peine 1 décès par
accident sur mille.
Ce chiffre est par exemple très inférieur à celui des noyades (de 6 à 7 fois),
comparable à celui des accidents de train, près de 150 fois inférieur à celui des
accidents de voiture et plus de 200 fois inférieur à celui des décès par accident
provoqués par l'alcoolisme.
Les accidents avec des armes à feu dans notre pays relèvent dès lors, comme pour
la vie de tous les jours, de l'impondérable et il est impossible d'affirmer sérieusement
que la possesion d'une arme est un facteur favorisant leur survenue.
La faiblesse de ce chiffre montre par ailleurs que la gestion
de la sécurité autour des armes à feu est très bien faite dans notre pays et qu'il
n'est pas besoin de chercher encore à l'améliorer. Pour mémoire les armes doievnt être
entreposées dans des coffres fort et transportées neutralisées ou démontées.
- Les homicides
Les
homicides représentent une catégorie très à part des accidents. En 1994, on compte
plus de 600 homicides dont 250 sont causés par une arme à feu. Toutefois la catégorie
statistique "arme à feu" ne permet pas de faire la différence entre des actes
commis avec des armes légales et ceux qui ne le sont pas (les statistiques de la
Gendarmerie Nationale parlent seulement d'une grande majorité des actes commis par des
armes illégales). En outre, au sein des armes légales, nous n'avons pas pu distinguer
les décès provenant d'une action des forces de l'ordre ou d'une action de légitime
défense, des autres.
Or ces distinctions nous paraissent fondamentales au regard
de toute législation sur les armes à feu. Car une législation, aussi contraignante
soit-elle, ne peut agir que sur les citoyens respectueux de la loi. Ce n'est pas en
interdisant la possession d'armes à un groupe qui les possèdent déjà illégalement que
l'on réduira le nombre d'armes qui circulent en son sein.
Quant à arguer qu'en réduisant le nombre d'armes légales,
on réduit la possibilité de les voler, et donc de les retrouver dans les circuits
parallèles, c'est inverser la responsabilité et ouvrir la voie à toutes les privations
de liberté.Car rendre le propriétaire d'une
arme responsable et lui interdire d'en posséder une par la suite s'il a été victime
d'un vol, c'est accepter que demain, n'importe quel citoyen devienne responsable du vol de
sa voiture ou d'un cambriolage de son domicile. Cela constituerait un véritable
changement de société dont nous vous invitons à mesurer l'ampleur. En outre l'assertion
est inexacte car l'essentiel du traffic d'arme, comme le reconnait l'ONU, provient des
zones de conflit régionaux ou globaux. Ainsi c'est le Kosovo et non la maison de monsieur
X, qui fournit aujourd'hui aux hors la loi les outils pour braquer des banques ou prendre
des otages.
Mais tout ceci est en fait un faux débat car, après
analyse des faits divers relatés par la presse, le nombre d'homicides commis avec une
arme légale par un citoyen au casier judiciaire vierge, en dehors des cas de légitime
défense, est absolument ridicule. Et les 350 cas d'homicides sans arme à feu sont là
pour rappeler qu'une baignoire, une corde, un couteau de cuisine, une chaise, une batte de
base-ball, permettront toujours aux hommes de s'entretuer s'ils ont décidé de le faire.
La réduction des homicides ne peut pas passer
sérieusement par l'interdiction pour les citoyens de posséder des armes à feu. L'Etat
en revanche n'a-t-il pas à nous rendre des comptes sur son incapacité à stopper la mise
en oeuvre des vrais processus qui mènent à la violence ?
- Les suicides
La
France compte en 1994 plus de 12 000 décès par suicide. Moins de 25% sont provoqués par
une arme à feu (2900 en 1994). Or entre 10 et 20 millions d'armes à feu circulent dans
notre pays (Rapport Cances) pour une population de 60 millions d'habitants. Le nombre
d'armes à feu représente donc 25% du chiffre de la population. Il est donc impossible de
dire que la possession d'une arme est un facteur incitatif au suicide. Ceci l'est d'autant
moins que l'acquisition d'une arme classée en 1ere ou 4 eme catégorie n'est autorisée
que pour les individus ne présentatnt pas de troubles psychiatriques, ce qui réduit
encore la probabilité pour ces détenteurs de se suicider, même s'il peut toujours
exister des exceptions.
Il est en revanche possible d'affirmer que, si l'on
souhaite se suicider, la possession d'une arme à feu sera peut être l'outil préféré
pour le faire. Mais il s'agit là quasiment d'une tautologie qui reviendrait à dire que
plus les citoyens roulent en voiture, plus ils ont de chances de mourrir d'un accident de
voiture ; Ce qui ne fait absolument pas avancer le débat.
Ce sont donc les causes du suicide qui doivent être
traitées si l'on veut en réduire le nombre, pas les moyens qui permettent d'y parvenir
car ce sera toujours impossible. Mais il est beaucoup plus difficile de prévenir les
causes des dépressions qui mènent le plus souvent à ce drame humain, que d'essayer
d'abattre, à grand renfort de publicité médiatique, l'arbre qui cache la forêt.
Voir aussi :
- Que dit la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen ?
- Les armes à feu représentent-elles un problème pour la santé publique.
- La létalité potentielle d'un outil
justifie-elle un régime légal particulier ; Et la mise en place de telles exceptions
ne présente-t-elle pas de risque pour la liberté individuelle très au delà du débat
sur les armes ?.
- En fond de débat : le manque total de
confiance de l'Etat et de la classe politique dans le citoyen
- En fond de débat également : le
syndrome humanitaire poussé à l'excès ou le besoin irrépressible de certains
citoyens de s'immisser dans la vie privée d'autrui.
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