TIRSPORTIF.COM Vers le Site officiel de IPSC
Cliquer sur le menu souhaité pour y accéder

Retour au sommaire de la rubrique NRA (Non au Rejet des Armes)
Analyse des faits concernant les armes

--
3. La létalité potentielle d'un outil justifie-elle un régime légal particulier ; Et la mise en place de telles exceptions ne présente-t-elle pas de risque pour la liberté individuelle très au delà du débat sur les armes ?

Il est incontestable qu'une arme à feu est un outil potentiellement dangeureux. Mais connaît-on autour de soi beaucoup d'outils de la vie courante qui ne le soit pas? Nous parlions plus haut des couteaux de table ou des voitures, mais la liste serait quasiment infinie : du matériel de bricolage aux installations électriques en passant par nombre d'accessoires sportif ou de loisir (club de golf, aiguilles à tricotter, ...). Le débat sur les armes est donc souvent mue par des considérations emotionnelles, par le fait qu'il constitue un terrain politique facile à cultiver, mais surtout parce qu'il permet d'introduire (incidieusement?), avec le concours inconscient des opposants aux armes à feu, de nouvelles règles pour la société de demain.

C'est là que se situe en fait le vrai débat, et nous verrons que ces règles ont déjà commencé à s'appliquer dans bien des domaines.

Les législations successives et toujours plus dures sur les armes, dont le but avoué (voir l'interview de Leroux dans Armes & Tir N°1) est clairement leur interdiction à terme, créent des précédents qui permettront par la suite une extension à de nombreuses situations.
Examinons donc les précédents qui créent les fondements de ces nouvelles règles et les conséquences qu'elles pourront avoir dans le futur sur n'importe quel citoyen non détenteur d'arme.

  1. Un citoyen peut désormais être puni (privé de liberté) par l'Etat pour la potentialité qu'il a à réaliser une action, et non plus pour cette action elle-même. (je n'ai plus le droit de posséder une arme à feu car d'autres peuvent ou pourraient se servir d'un instrument similaire pour tuer leur prochain)
  2. La liberté d'action des citoyens peut être entravée par l'Etat, bien qu'il ne puisse être prouvé que ces actions nuisent à autrui. (La pratique du tir sportif ne nuit à personne). Le choix de ces entravent devient donc arbîtraire.
  3. Le droit d'un citoyen à se défendre seul, pour sauver sa vie ou celle de son prochain, n'est de facto plus reconnu. (sans arme on ne défend pas sa vie). Seul l'Etat a désormais ce droit. Par extension :  Seul l'Etat est armé ; C'est lui seul qui assure l'ordre sur les bases citées plus haut.
  4. Le citoyen doit être encadré dans ses actions. Il doit se soumettre à des contrôles réguliers qui seuls, lui octroîent le droit de poursuivre l'exercice de sa liberté. (Voir le carnet de tir). En d'autres termes, l'Etat n'est plus au service du citoyen ; C'est le citoyen qui est désormais considéré comme irresponsable et mis sous la tutelle de l'Etat. 
  5. L'Etat ne reconnaît plus au citoyen le droit d'exercer sa responsabilité c'est-à-dire de choisir ce qui est bon pour lui, ou de risquer sa vie en conscience s'il le souhaite (puisqu'on interdit tout ce qui est potentiellement dangeureux). Le citoyen est protégé malgré lui, comme un enfant.

Nous ne saurions que vous conseiller la lecture du "Meilleurs des Mondes" ou de "1984" si ce n'est pas encore fait. Car voici des exemples de précédents qui ont déjà été introduits dans notre société et qui relèvent de ces principes :

  1. Privation du droit de propriété ou d'action pour la potentialité de survenue d'une action nuisible:
    • Interdiction du ski hors piste
    •  
  2. Entrave à la liberté d'actions non nuisibles :
    • Achat d'un Pitt Bull
    •  
  3. Suppression du droit à la légitime défense :
    • Tollé lorsqu'un chasseur pyrénnéen a abattu à bout portant un ours qui l'attaquait,
    •  
  4. Encadrement des citoyens :
    • Contrôles techniques automobiles obligatoires,
    • Interdiction de conduire sans assurance, sans ceinture de sécurité,
    •  

A bientôt pour la suite...

 

Voir aussi :

  1. Que dit la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen ?
  2. Les armes à feu représentent-elles un problème pour la santé publique.
  3. La létalité potentielle d'un outil justifie-elle un régime légal particulier ; Et la mise en place de telles exceptions ne présente-t-elle pas de risque pour la liberté individuelle très au delà du débat sur les armes ?.
  4. En fond de débat : le manque total de confiance de l'Etat et de la classe politique dans le citoyen
  5. En fond de débat également : le syndrome humanitaire poussé à l'excès ou le besoin irrépressible de certains citoyens de s'immisser dans la vie privée d'autrui.